La Chapelle Sainte-Anne de Beaumont

Memramcook (Nouveau-Brunswick)
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Origines

Cette magnifique petite chapelle fut érigée sur les rives de la rivière Petitcodiac, dans la région de Memramcook au Nouveau-Brunswick, plus précisément à Beaumont. Elle fut construite à la demande des habitants de la communauté micmaque qui s’y était installée depuis 1839. La chapelle allait aussi servir de lieu de culte pour les Acadiens de la région.

Église Saint-Henri, Barachois

Avec l’aide de l’abbé Ferdinand Gauvreau et du chef autochtone Peter Bernard, on embaucha le maître-charpentier Hilaire à Louis Arsenault, de Barachois. Celui-ci avait déjà érigé plusieurs églises dont celle de Saint-Henri à Barachois, construite en 1824, qui est considérée comme un autre trésor du patrimoine historique par la communauté acadienne du Nouveau-Brunswick.

La construction de la chapelle de Beaumont, dite de style «classique», fut terminée en 1842. À l’automne de 1843 l’abbé Gauvreau bénit la nouvelle chapelle sous le vocable de «Sainte-Anne» et y célébra la première messe. Les registres de la paroisse Saint-Thomas (Memramcook) contiennent la liste de soixante-dix-neuf autochtones inhumés dans le cimetière voisin de la chapelle. On peut noter qu’à l’époque la mortalité infantile était très élevée.

Église Notre-Dame de l’Annonciation, Pré-d’en-haut

Peu à peu les habitants de Beaumont quittèrent la région et les Micmacs allèrent s’établir dans la réserve indienne Fort Folly, non loin de Dorchester. En 1913, seulement trois ou quatre familles y demeuraient encore. Malgré tout, la petite chapelle fut entretenue et on y célébra régulièrement la messe dominicale pendant la saison estivale. Ce sont des prêtres de la Congrégation Sainte-Croix de la paroisse Saint-Thomas de Memramcook et du Collège Saint-Joseph qui venaient y célébrer la messe, jusqu’à la construction, en 1940, de l’église Notre-Dame de l’Annonciation à Pré-d’en-haut. Le maintien de la chapelle fut alors confié à la nouvelle paroisse. En 1952, l’archevêché de Moncton devenait propriétaire de la chapelle de Beaumont et du terrain sur laquelle elle était construite. C’est en 1990 que Sainte-Anne-de-Beaumont fut reconnue site historique provincial. Depuis, le site connait un renouveau, devenant d’ailleur un attrait touristique et culturel important pour la région.

Pourquoi «Sainte-Anne»?

En 1610, après que le grand chef micmac Mambertou se soit converti au catholicisme, Sainte-Anne fut choisie comme la patronne de tous les Micmacs de croyance catholique. C’est à cette même époque que les Micmacs acceptèrent de protéger les colons français de la Nouvelle-France. En retour l’Église accorda certaines libertés religieuses aux nouveaux convertis. Les Micmacs ont donc adopté un mélange de croyances et de rituels venant soit du catholicisme ou de la tradition micmaque. Les Micmacs de la région sont toujours fidèles à leur sainte patronne et reviennent chaque année au site de Beaumont pour y célébrer sa fête.

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